Interview : Bien manger pour la forme
et la santé
Anne Dufour*, journaliste, spécialiste de la forme et de
la santé, vient d’éditer un véritable mode d’emploi de l’alimentation
préventive. Pourquoi ? Nous mangeons mal. Or une nourriture équilibrée
et notamment riches en fruits et légumes protège contre nombre de maladies.
e-sante : Quels sont les principaux défauts de notre
alimentation ?
Anne Dufour : Les principaux défauts sont les excès de sucre, de
sel, de gras, de viande, d’alcool et d’excitants (comme le café). Mais ces
imperfections flagrantes en cachent d’autres, moins visibles et néanmoins
aussi importantes.
Nous mangeons trop de produits raffinés (sel, sucre, céréales, huile),
alors que nous devrions systématiquement choisir leur équivalent « complet »,
nous mangeons trop peu de légumes secs, de fruits et de légumes frais. Au
final, les apports en minéraux et vitamines sont insuffisants (maintes
fois objectivé, notamment en France par les célèbres études du Val de Marne
et de SUVIMAX). Or, ces déficits en micronutriments génèrent d’une part des
défauts de fonctionnement du corps ainsi qu’une accélération du
vieillissement, d’autre part des troubles du comportement alimentaire
(type fringales) qui ne font qu’aggraver les choses.
Enfin, nous ne choisissons pas toujours judicieusement nos aliments, car les «
toutes puissantes calories » ont faussé notre jugement ; ainsi, dans le
meilleur des cas, nous prêtons attention à la quantité de nos apports et
essayons de ne pas manger « trop gras » par exemple, mais nous ne portons pas
assez de soin à la qualité des aliments choisis. Or, pour rester dans
le domaine du gras, il y a « lipides » et « lipides », les uns se comportant
totalement différemment des autres. On sait par exemple que les graisses des
poissons gras (maquereau, anguille, saumon) sont protectrices, alors que celles
de la viande rouge et des produits laitiers sont globalement peu recommandables.
Pareil pour les protéines : il faudrait augmenter notre ration de protéines
d’origine végétale et baisser celle d’origine animale.
e-sante : Prévenir ou guérir les maladies avec
l’alimentation est-ce un mythe ou une réalité ?
Anne Dufour : Une réalité, bien sûr, et les enjeux scientifiques
sont énormes ! Même les instances gouvernementales, peu concernées par
le sujet jusqu’à récemment, ont publié l’an dernier un PNNS (Programme
National Nutrition Santé) dans le but de faire reculer les maladies les plus
meurtrières, notamment cardiovasculaires et le cancer.
Naturellement, si une alimentation adéquate aide à combattre ces fléaux,
l’inverse est également vrai : de mauvais choix peuvent préparer un terrain
propice à l’émergence de maladies. Nul ne conteste la part de
l’alimentation dans la survenue d’un diabète de type 2 par exemple,
et tous les diabétologues enseignent à leurs malades que le fondement de leur
traitement, c’est l’assiette. Même si les recherches en nutrition et santé
ont fait des progrès spectaculaires ces dernières années, les liens entre les
deux sont connus depuis la plus haute antiquité ! En tout cas, près
de nous et pour citer uniquement les études sur des maladies très répandues,
celle de Serge Renaud portant sur le régime méditerranéen a montré qu’en
fonction de ses choix alimentaires, on avait jusqu’à 76% de risque en plus
(ou en moins) de décéder d’un infarctus. Ces résultats sont absolument
spectaculaires, selon l’aveu même du chercheur. Autre grand domaine dans
lequel l’alimentation joue un rôle significatif : la prévention des cancers.
Au moins 30 à 40% d’entre eux seraient directement liés aux aliments
consommés, et les chercheurs les plus prudents n’hésitent pas à
affirmer que certains aliments protègent de l’ensemble des cancers (fruits et
légumes), tandis que d’autres font exactement l’inverse (comme l’alcool)
; ils évaluent également l’impact des aliments de manière plus spécifique
(lesquels sont corrélés à une augmentation des cancers du sein, de la
prostate, du poumon, etc. ?). Le réseau Nacre, chapeauté par l’INRA,
fait état de l’avancée de ces recherches. En fait, l’immense majorité des
maladies est « accessible » à l’alimentation : spasmophilie,
calculs rénaux, fatigue, douleurs, syndrome prémenstruel, ostéoporose,
asthme, arthrite…, toutes peuvent être améliorées par une
alimentation adéquate et même dans certains cas stabilisées
(spasmophilie, colite). Les scientifiques affirment d’ailleurs que « quel que
soit le père des maladies, l’alimentation en est la mère ».
Mais l’aliment n’est pas un médicament dans le sens où il n’est pas
simple. Il renferme des milliers de composés qui interagissent entre eux,
mais aussi avec les cellules du corps selon l’âge, le sexe, l’état de santé,
etc. Il faut donc beaucoup de moyens et de temps pour aboutir à des
recommandations concrètes.
e-sante : Qu’entend-on par calories vides et quels
sont leurs dangers ?
Anne Dufour : La réponse à cette question découle logiquement des
« erreurs » abordées en 1re question. Les calories vides sont, comme leur nom
l’indique, vides dans le sens « non pleines ». Lapalice n’aurait pas fait
mieux, mais le terme lui-même est éloquent : un aliment riche en calories
vides n’apporte que des calories (énergie) et pas (ou peu) de vitamines et
de minéraux. A l’état naturel, on ne trouve pas de calories vides, car
tout, dans l’animal ou le végétal « sert à quelque chose ». C’est
l’homme qui a inventé ces calories peu recommandables, notamment en raffinant
les aliments. Plus il est raffiné, moins il nourrit. C’est le paradoxe de
l’alimentation mal conduite : on mange de plus en plus de barres chocolatées,
biscuits, produits laitiers gras et sucrés, sodas, pizzas et autres hamburger
frites, ce qui nous « remplit » l’estomac, mais le corps crie famine :
il n’a pas son quota de micronutriments.
Ce fait navrant mène à deux conséquences dramatiques. D’abord, l’épidémie
de surpoids est liée de façon claire aux « calories vides » car comme
ces aliments sont notamment dénués de fibres et riches en sucres rapides, ils
dérèglent notre appétit, d’une part en affolant nos systèmes de régulation
physiologiques, d’autre part en anéantissant les saveurs et les goûts
subtils des aliments « simples et sains », provoquant insidieusement de
nouvelles erreurs de comportement alimentaire. Ensuite, comme on l’a dit, le
corps n’a pas son comptant de vitamines, ni de minéraux et de fibres. Or, ces
micronutriments sont d’une part essentiels à la santé, à la lutte contre
les maladies et le vieillissement accéléré, d’autre part indispensables à
l’assimilation des aliments eux-mêmes.
Par exemple, l’organisme a besoin de vitamine B1 pour métaboliser le sucre.
Or, le sucre blanc (et tous les aliments qui en contiennent) est « pur », donc
n’en contient pas. L’organisme est ainsi forcé de puiser dans ses propres réserves
de B1 pour le métaboliser. Donc, non seulement les calories vides ne
nourrissent pas son homme, mais encore elles le dénutrissent. C’est pourquoi
on les appelle aussi les anti-aliments. Hélas, ces « comestibles »
représentent environ 70% de la consommation de nos contemporains… Un exemple
concret : c’est quatre heures, vous avez faim, quelques biscuits goût
vanille et un coca pour faire descendre le tout apportera du (mauvais) gras et
beaucoup de calories… et vous incitera à replonger dans le paquet très bientôt.
Voici un goûter 100% calories vides. Si à la place, vous mangez une poignée
d’amandes, abricots et raisins secs, vous êtes rassasié jusqu’au soir,
vous avez avalé des fibres, du potassium, du carotène et du magnésium, et
vous vous êtes fait plaisir car la note sucrée est bien là. Le résultat
physiologique est bien distinct !
* Anne Dufour est journaliste, spécialiste de la forme et de la santé. Elle
est auteur et co-auteur de plusieurs ouvrages : « Toujours jeune grâce
aux compléments alimentaires » (Presse du Châtelet et Marabout), « Le guide
des vitamines et oligoéléments » (Hachette Pratique), « 101 médicaments de
toujours » (marabout) et tout récemment « Aliments santé, Guide pratique,
Bien manger pour être en forme » Edition Leduc, prix éditeur : 13,90
euros.
14/05/2003
Dr Isabelle Eustache
Les hommes aussi entretiennent leur peau !
Il n’existe pas d’un côté la peau des femmes et de
l’autre celle des hommes, mais des peaux : épaisses, grasses, mixtes,
fragiles, érythémateuse, etc. Ainsi, même s’il est vrai qu’une peau
masculine est généralement plus résistante, les hommes ont besoin au même
titre que leurs homologues féminins de soins adaptés aux caractéristiques
propres de leur peau et à leurs éventuelles carences.
Comment faire peau neuve au masculin ?
Deux conseils de base : nettoyer et hydrater. En ce sens, texture
agréable et confort de la crème feront toute la différence, en gage d’un
soin suivi. En effet, l’observance est la clé d’une efficacité maximale. La
peau s’entretient au quotidien. Mais pour la maintenir en bonne santé, il
ne faut pas compter uniquement sur les cosmétiques. L’hygiène de vie joue
un rôle primordial, en évitant notamment les trois plus grands ennemis de
notre peau : le tabagisme, l’alcool et le soleil.
Les spécificités masculines
La peau des hommes est plus épaisse et donc plus résistante. Mais, mieux
vascularisée, elle produit plus de sébum, d’où une peau plus grasse
que celle des femmes et donc sujette aux boutons et points noirs.
Le vieillissement cutané est également différent selon les sexes. Chez
l’homme, les rides apparaissent plus tardivement, mais seront plus
profondes.
Le rasage constitue une agression quotidienne vis-à-vis de la peau délicate
du visage, qui favorise notamment boutons et poils incarnés. De plus, en détruisant
le film hydrolipidique, composé de sébum et de sueur, il prive la peau d’une
barrière protectrice. La peau tire, s’irrite plus facilement au froid, lors
du nettoyage au savon, en cas de stress, de fatigue. Elle se déshydrate, perd
en résistance et en tonicité.
Alors, aucune honte à utiliser la crème de votre femme,
mais mieux vaut choisir celle qui vous convient le mieux. Les laboratoires cosmétiques
proposent maintenant de larges gammes de cosmétiques pour hommes, profitez-en.
N’oubliez pas c’est la régularité qui compte, pas le nombre de produits
achetés.
14/05/2003
Dr Philippe Presles